Ce matin-là, Vincent van Gogh quitte l’auberge Ravoux et s’installe au bord du chemin de Monteret, face au talus du 46 rue Daubigny. Il peint avec une urgence fiévreuse un enchevêtrement de racines d’arbres — « Racines d’arbres » (F816) — sans ciel, sans horizon, comme une introspection ultime.
Le soir, il est mortellement blessé. La toile restera inachevée. Pendant 130 ans, le lieu exact de sa création demeura une énigme — jusqu’à ce qu’une équipe internationale, grâce à la dendrochronologie et à d’anciennes cartes postales, identifie le talus en 2020. Ces racines, vivantes, sont toujours là.
La découverte, validée par les chercheurs du Van Gogh Museum d’Amsterdam (Wouter van der Veen), a été saluée dans le monde entier. Elle fait de ce talus discret un site témoin d’exception.